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Radio Marseillette + liens de mes invités, découverte de l'Aude, musiques du monde,...
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15.07.2006
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26.03.2007
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MUSIQUE A VOYAGER

JANVIER 2007 - SAMBASUNDA - RAHWANA'S CRY

Posté le 20.01.2007 par fanl11

Photo : Sambasunda – Rahwana’s Cry


Bandung, capitale rafraîchissante de Sunda, située dans la montagne, avec toute sa diversité de la vie citadine moderne : les voitures de grosse cylindrée dépassant les taxis-bicyclettes qui attendent devant les buvettes au bord de la route, des motos qui vrombissent comme des nuées de moustiques dans toutes les directions, les écoliers dans leur uniformes rouges et blancs qui sortent de l’école, les coupoles des mosquées récemment agrandies brillent de tout leur éclat dans le soleil,…

La rencontre des cultures où satay, riz et thé côtoient hamburgers, frites et sodas.



--

SAMBASUNDA - RAHWANA'S CRY (suite)

Posté le 20.01.2007 par fanl11

Photo : Rita Tila


On trouve tout ici, au même instant et au même endroit, tout comme les magasins de cassettes, presque cachés derrière les stands de CD piratés qui s’agglutinent dehors dans la rue comme des parasites.

La musique remplit l’air.

"Dandgut", hip-hop, musique pop indonésienne et occidentale (le main-stream s’impose ici aussi), mais parfois, on peut aussi entendre le pop "Sunda" local ou les sonorités douces comme le miel de "Degung", le style initial de l’orchestre de "Gamelans" avec ses atmosphères mélancoliques.

SAMBASUNDA - RAHWANA'S CRY (suite)

Posté le 20.01.2007 par fanl11

Photo : Nur Azis Achmad Sohib "Azis" aux gongs


Sur cette toile de fond, Sambasunda a mené la musique traditionnelle sundanaise au niveau des styles globalisés de musique pop actuelles.


A une époque où les jeunes musiciens indonésiens ne pensent qu’à copier les riffs, poses et coiffures des dieux du rock du monde occidental ou à adopter les allures du hip-hop-coolness, les musiciens de Sambasunda sont parfaitement respectueux de leurs racines, tout en ne craignant pas de profiter de l’énergie urbaine de leur ville d’origine.

Cela ne signifie en aucune façon qu’ils prennent quelques folksongs pour y rajouter simplement une drummachine.
Ce qui se passe ici va beaucoup plus loin que la conception simplifiée omniprésente de "fusions de projets", comme on peut la rencontrer partout dans le monde.


Au lieu de déployer un tapis de sons produits par des instruments électroniques, la musique de Sambasunda met en valeur, grâce à un jeu d’ensemble unique, un grand nombre d’instruments qui normalement ne jouent pas ensemble.

Les "Anklung" (crécelles en bambou accordées) rencontrent les gongs et les "Métallophones" (xylophones javanais avec des touches en fer, bronze ou laiton, joués avec des baguettes en bois), issues des deux traditions du "gamelan", le javanais et le balinais.

Un "Terompet" (haut-bois) de Sumatra échange des mélodies avec des violons occidentaux (joués dans un style sundanais très particulier), le tout mené par une section de percussions ne comprenant pas seulement le "Kendang" sundanais (tambour à double fond) et le tambourin javanais, mais également un djembé africain et les timbales sud-américaines.

Si l’on y ajoute en pensées les sonorités sundanaises traditionnelles du "Kacapi" (cithare pincée) et la "Suling" (flûte en bambou), les chants fougueux, connus sous le nom de "Senggak", ainsi que la voix enchanteresse de la chanteuse Rita Tila, on obtient alors une musique sundanaise prête à conquérir le 21ème siècle.

A la fois familier, reposant et extrêmement innovateur, il s’agit d’un incroyable nouveau son éclatant qui vaut la peine d’être découvert par le reste du monde.

SAMBASUNDA - RAHWANA'S CRY (suite)

Posté le 20.01.2007 par fanl11

Photo : Asep Yana Karyana "Aung" au kecrek


Multi-instrumentaliste et compositeur, Ismet Ruchimat est le fondateur et chef de Sambasunda.

En 1991, lorsqu’il était étudiant à la STSI (école de musique, de danse et d’art dramatique à Bandung), son précoce talent attira l’attention de Gugum Gumbira, une des personnages-clé de la scène musicale bandungaise.
Gugum Gumbira est considéré comme le fondateur du style de danse "Jaipogan", une adaptation moderne de la danse traditionnelle qui fit sensation dans les années 60.


Depuis lors, le Jugala Orchestra de Gugum Gumbira a effectué une série de tournées internationales comme ambassadeur de la culture sundanaise.

L’invitation de Gugum Gumbira faite à Ismet Ruchimat de faire partie de son orchestre représentera un tournant décisif dans la vie du jeune musicien.


Après la fin de ses études, en 1994, il partit en Islande et en Norvège où, en tant que professeur invité, il enseigna la musique sundanaise à l’Université de Reykjavik tout en collaborant en même temps avec les musiciens de jazz locaux.

Toutes ces expériences jetèrent les bases du projet Sambasunda.


A son retour à Bandung, il prit un emploi à la STSI et forma rapidement un groupe composé de ses meilleurs étudiants.

Ismet Ruchimat se souvient : "Pour ce projet, j’avais développé une véritable passion qui était de conduire la musique sundanaise dans une nouvelle direction. Tout d’abord, cela a été très difficile, mais ensemble avec tous mes amis, je continuais à expérimenter. Nous fûmes très critiqués, mais Gugum Gumbira nous a toujours soutenu. Gugum Gumbira a toujours été ouvert aux nouvelles idées. Il m’encouragea à accepter le défi."

SAMBASUNDA - RAHWANA'S CRY (suite)

Posté le 20.01.2007 par fanl11

Photo : Budi Sofyan "Podol" et Endi Supendi au angklung


Ce défi fut relevé et durant les dix dernières années, les musiciens de Sambasunda développèrent leurs sonorités exceptionnelles toujours dans de nouvelles directions.

Sur les cinq albums publiés jusqu’à maintenant en Indonésie, ils ont à chaque fois exploré les diverses influences dans lesquelles leurs racines sundanaises s’entrelaçaient avec le jazz, le "gamelan" balinais, le reggae et la samba.
Ils firent des tournées à Sri Lanka en Malaisie, à Taïwan, et en 2003 pour la première fois en Europe.

Toutes ces expériences culminent dans l’album Rahwana’s Cry, album qui est à la fois une première publication internationale et un témoignage de la plus grande performance réalisée jusqu’à ce jour.
Cette expérience débridée a conduit à un style incomparable, à un son clair et à un "drive" irrésistible.

Enregistré dans son pays spirituel, à Bandung dans les Jugala Studios de Gugum Gumbira, cet album est à la fois un classique de la tradition intemporel et moderne innovateur.

LES MORCEAUX

Posté le 20.01.2007 par fanl11

Photo : Tedi Hataji "Aci" et Budi Sofyan "Podol" au djembé


1. BUBUKA (L’ouverture) :

Une ouverture traditionnelle pour "gamelans" que l’on trouve ici sous une forme débridée : une concentration époustouflante d’instruments, l’accompagnement du chant "senggak" et superbe groove entraînant créent une ouverture semblable à un appel.


2. ECEK (Mouvement) :

Ce morceau est complètement basé sur le rythme avec la technique "kendang" dérivée de la danse populaire sundanaise.
La mélodie utilise la gamme traditionnelle "degung" à la place de l’actuelle "Salendro".

En toile de fond, nous entendons les chants "Staccato", tranchants comme un couteau, qui rappellent le "Kecak" balinais. L’origine du "kecak", ou "Danse des singes", devenu célèbre, se retrouve dans les danses de transe "Sanghyang" dans lesquelles un chœur de jeunes gens scandent à une vitesse vertigineuse les cris "Tcak-ka-tcak" pour mettre en transe deux jeunes vierges, choisies comme médium pour tenir éloignés les forces obscures, le malheur et le mal.

LES MORCEAUX (suite)

Posté le 20.01.2007 par fanl11

Photo : Dadang Samsudin Sutarno "Ziner" au kendang


3. CEURIK RAHWANA (L’appel de Rahwana) :

Un raffinement classique du style Sambasunda : un quatuor d’instruments à cordes sundanais (2 "kacapi" & 2 violons) avec un "Suling".


4. KAHAYANG (Nostalgie) :

Inspiré par les séances d’enregistrement, c’est un chant du dévouement, du désir, du "aller plus loin" pour obtenir quelque chose ou quelqu’un.


Uniquement pour toi, je dois être prêt à tout, même à un sacrifice.
Il n’y a qu’un seul désir qui ne soit pas comme une mauvaise obsession.

LES MORCEAUX (suite)

Posté le 20.01.2007 par fanl11

Photo : Rudi Mukhram "Rodek" au terompet


5. BANON DARI (La princesse) :

Inspiré par la légende Ramayana dans laquelle une horde de singes sauve la Princesse Rita des mains du roi des démons Rhawana, c’est un chant pour la princesse (on entend à l’arrière-plan l’appel du roi "Solali").


6. ROGGENG IMUT (La danseuse souriante) :

Cette chanson est dédiée à la force charismatique d’une jeune danseuse hypnotisée.
Des éléments du "dangdut" envoient ses reflets avec la flûte "Bangsing" et le "kendang" joué dans le style "Koplo".


Son corps se balance sur la scène au rythme des tambours,
Pour toujours séduisante,
Danseuse souriante, rends-nous fous avec ces regards perçants.

LES MORCEAUX (suite)

Posté le 20.01.2007 par fanl11

Photo : Joueurs de angklung


7. DADALATI (1-1-5-4) :

Une mélodie construite sur les notes élémentaires 1-1-5-4 tout en présentant le système traditionnel de notation musicale sundanaise.
Le tout repose sur les rythmes et les mélodies de base des "gamelans".


8. MANGMANG :

Un chant très lent plein de grooves avec un grand nombre d’instruments à cordes, les "kacapi" accompagnés de chants inhabituels dans le style "calung", "senggak" et rap !
Le texte parle des désarrois et des doutes provoqués par la vie moderne.
Ici également, nous entendons à l’arrière-plan des éléments de chants "staccato" du "kecak" balinais.


Je t’en prie, ne détruis pas ce qui est mien.
C’est difficile de dormir et dur de sourire.
C’est une honte que tu sois inamical.
Je ne sais pourquoi, tout est comme toujours mais je suis désemparé.

LES MORCEAUX (suite)

Posté le 20.01.2007 par fanl11

Photo : Atjep Hidayat au bonang


9. KULU-KULU :

Une autre chanson traditionnelle sundanaise importante qui a conservé la structure originale du "gamelan" tout en lui donnant un nouvel aspect avec un texte dans l’argot de la rue que le groupe avait entendu et noté au tout dernier moment.


Mon cœur est remué par les souvenirs.
Je ne veux pas rester à Bandung,
Je ne veux aller qu’à Sumedang,
J’ai perdu le chemin de mon pays.



10. TARAKINO :

Basé sur une mélodie créée par Yadi et interprété par une ligne de basses époustouflante, ce morceau est complètement accompagné par toute une palette de gongs.
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