DECOUVERTE DE L AUDE
Posté le 02.12.2006 par fanl11
Photo : Rieux Minervois
RIEUX MINERVOIS
Arrondissement : Carcassonne
Canton : Peyriac Minervois
Superficie : 2 120 ha
Altitude : 117 m
Nombre d’habitants : 2 106
Nom des habitants : Mérinvillois
Situation : Au cœur du Minervois, 25 km Nord-Est de Carcassonne, frontalier de l’Hérault.
Le village est situé entre la chaîne de la Montagne Noire et la montagne d'Alaric, premier contrefort des Corbières.
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Posté le 02.12.2006 par fanl11

Photo : Rieux Minervois - Avenue de Puichéric
Rieux se trouve en ancienne Gaule Méridionale.
Rieux doit son nom à son environnement.
En effet, il est entouré de cours d’eau : les rivières de l’Argent-Double, des Rec de Laval, de Saint-Julien, de Canet.
Rieux vient de "Rius, Rivo, Rivus, Rec".
La commune s’appelait primitivement Rivus ou Rivo Tectosagum, trace laissée par l’occupation des peuples tectosages de Toulouse.
Minervois vient du latin "Pagus Ménerbensis", à cheval sur les départements de l’Aude et de l’Hérault.
Rieux est situé sur un plateau, en forme d’un énorme poisson allongé, entre deux vallées, celle de la rivière de l’Argent-Double et la vallée du Rec de Laval.
L’occupation de ce site par l’homme s’est effectuée bien après celle d’un habitat plus élevé : Grotte de Gazel, d’Aldène (Fauzan) de la "vallée de la Cesse", de Limousis, de l’Abéouradou, etc…
Les grottes préhistoriques sont d’ailleurs bien conservées.
Vers le 3ème millénaire, les peuples occupant la région ont laissé des menhirs, des dolmens, des monuments funéraires, puisqu’ils recèlent des ossements humains et un mobilier funéraire.
Peut-être étaient-ils à destination religieuse ? Cette hypothèse est fortement controversée.
Parmi les dolmens les plus proches de Rieux, celui "des Fades" (les fées) entre Siran et Pépieux, à Siran (Lauriole, Laval, Cantaussel, Mousse) ; mais, les plus nombreux étant ceux visibles dans la commune de Minerve (plus de 25).
On reste admiratif devant les prouesses réalisées pour déplacer sur des centaines de mètres et souvent en haut d’un "Mourrel" (point stratégique – Les Fades), des blocs de pierre de cette taille avec les moyens rudimentaires de cette époque. Ces blocs étaient constitués par un calcaire très dur.
Le nom préhistorique du bloc de pierre "Men" suivi du nom du lieu "Erb" a sans doute donné naissance au nom de "Pagus Men – Erbensis" pays de Minerve, du Minervois, dont Rieux fait partie.
Il y a quelques millénaires, naissent les "arts du feu", la poterie à partir d’argile, la transformation des minerais en métaux.
A partir de ce moment, on connaît les débuts de la métallurgie.
Le travail du cuivre des gisements de la Montagne Noire apparaît dans la région.
Cette évolution va modifier sensiblement la façon de vivre de l’homme.
Il semble que le premier peuple connu ayant occupé ces lieux serait celui des ibères, venu après celui qui nous a laissé les mégalithes cités plus haut. Ce sera la civilisation Ibéro-Languedocienne.
En 412, Athaulf, beau-frère et successeur du roi des Wisigoths Alaric, amene ses troupes dans le Sud de la Gaule.
Notre région fût donc concernée et c’est sans doute l’origine de l’appellation des Monts Alaric, visibles depuis Rieux, sur lesquels ce dernier avait fait construire un puissant fort.
La légende raconte que le tombeau du roi Alaric se trouverait dans une grotte creusée dans la montagne.
Vers l’an 720, s’installe à Narbonne une petite colonie juive.
Venue de Cordoue, elle apporte son savoir-faire pour le tissage des belles étoffes, leurs teintures aux couleurs chatoyantes et le travail du cuir. Elle s’intéresse également à l’acquisition et à la modernisation des moulins à grain (blé, orge, fèves, pour les animaux).
Elle se lie, en vue du commerce, avec les exportateurs de Narbonne : ce qui sera bénéfique pour la région.
Wisigoth Milon a séjourné à Trencianum (Trausse-Minervois) et a laissé de la frappée par lui.
Milon devient roi des Goths. Excellent diplomate, Pépin le Bref compose avec Milon et le nomme 1er comte franc de Narbonne.
C’est d’ailleurs sous le règne de Pépin le Bref, à partir de 759, que la contrée est enfin réunie à la couronne de France.
Riche et puissant, Milon fondera les abbayes d’Aniane et de Caunes-Minervois.
Posté le 02.12.2006 par fanl11

Photo : Ancienne fortification dans Rieux Minervois
On peut signaler quatre Villae anciennes sur le territoire de Rieux, qui avaient chacune leur église rurale.
On remarquera que tous les vocables de ces églises sont tous des vocables qui peuvent remonter avant l’époque carolingienne.
La Villae est la cellule vivante, formée de maisons paysannes avec jardins, cultures, vignes, bâtiments d’exploitation, équipés parfois de moulins et de pressoirs.
Elle comprend très souvent une église rurale, et s’inspire la plupart du temps des structures du passé romano-wisigothique.
1. Au Nord de la rivière de l’Argent-Double, existent les ruines d’une église dédiée à Saint-Julien et Sainte-Basilisse.
Ce n’est pas une construction très ancienne, mais on peut considérer comme certain qu’elle a remplacé une église de même nom puisque l’expression "ad Sanctum Julianus" se rencontre dans un document de l’année 1156, en ce qui concerne le terroir de Rieux.
Il est à noter qu’à côté de cette église, se trouvait un tènement situé au Nord de l’église Saint-Julie, qui portait le nom de Bouilhonac et mentionné dans le cadastre de Rieux de 1719.
On peut supposer qu’il conservait le nom d’une ancienne Villae "Boloniaca", qui avait pour centre religieux l’église Saint-Julien.
On parle encore aujourd’hui du tènement de la "Bouillonague".
2. Au Sud-Ouest de Rieux se trouvait la Villae "Baïana" (Bajan) avec l’église Saint-Genès, qui a donné son nom à la ferme Saint-Genès.
Cette villa est mentionnée pour la première fois dans un acte de l’année 899.
Son église apparaît en 1199. Elle était délimitée au Sud par le "chemin Romieu".
3. Au Sud-Est de Rieux se trouvait la villae "Maïana" (Majan) avec l’église Saint-Saturnin qui, d’après une très ancienne tradition, apporta vers le milieu du 6ème siècle (586 ?) la foi chrétienne à Carcassonne.
Rien ne subsiste de cette église et de cette villa, mais le cadastre de 1719 mentionne, près de la Métairie des Homs, un tènement qui porte le nom de Majo, nom de la villa "Maïana".
4. Au Sud de Rieux, aux abords de l’étang de Marseillette et du "chemin Romieu", existait un autre domaine pourvu d’une église dédiée à Sainte-Eugénie.
D’après plusieurs textes du Moyen-Âge, son nom ancien serait de Fagans (de Faganis), mais dans le cadastre de 1719 on trouve la dénomination "A Fajo", pour désigner un tènement attenant à celui de Saint-Eugène.
Ceci renvoie à la forme "Ad Fajanum", qui semble être le nom de cet ancien domaine.
Des quatre églises, dont le territoire servit à constituer la paroisse de Rieux, la plus importante, semble-t-il, était Saint-Julien. C’était la plus voisine de Rieux.
Il est permis de croire que là, se trouvait l’église paroissiale qui précéda la création du castrum de Rieux et de son église Sainte-Marie.
Posté le 02.12.2006 par fanl11
Photo : Sceau de Rieux Minervois - Sceau rond (24 mm) – Ecu Fascé ondé – S. Consulum (M) de R(I)VO
La famille de La Jugie, qui va marquer l’histoire de Rieux, tirait son nom du lieu de Judicia, paroisse d’Eyren, diocèse de Limoges.
La fortune de cette maison grandit à la suite des papes d’Avignon, de la parenté des La Jugie.
Attirés dans cette cour, ceux de La Jugie obtinrent en Languedoc les deux grands bénéfices de l’archevêché de Narbonne et de l’Abbaye de Lagrasse.
Ils acquirent, en outre, les terres de Rieux, La Livinière, Alzonne, Leuc, Ladern.
Rieux fût le lieu de leur principal établissement et ils sont connus sous la dénomination de "Comtes de Rieux" dans l’histoire du Languedoc.
C’est à Rieux que la maison de La Jugie s’est éteinte.
C’est là qu’ont fleuri pendant près de quatre siècles, les maisons nobles qui l’ont continuée et qui en ont hérité par alliances.
Le sceau de Rieux passera en possession de 17 héritiers successifs.
Posté le 02.12.2006 par fanl11
Photo : Blason de Rieux Minervois
Face d’argent et de gueules de six pièces qui est de Mérinville, écartelé au second azur à deux lions affrontés, qui est de Puydeval, au troisième de gueules à deux lions léopardés d’or, armés et compassés de même l’un sur l’autre qui est de Moustiers, au quatrième d’azur à la face d’or qui est de Las Combes, partie d’argent à la bande d’azur costoyée de six roses de gueules, qui est de Beaufort-Conilhac sur le tout d’or à un lys de gueules qui est de Morèze, supports deux lions d’or, cimier la tête d’un chien.
Le cri de guerre : "Dieu nous secoure !".
Posté le 02.12.2006 par fanl11

Photo : L'église Sainte-Marie de Rieux Minervois
A visiter absolument avec Colette Cuxac, présidente du Syndicat d'Initiative de Rieux.
Si jamais il n’eut un jour un monument fait de main d’homme qui puisse mériter le plus le nom de chef d’œuvre, assurément ce serait à l’Eglise Sainte-Marie de Rieux à qui l’on attribuerait cette appellation.
Tout dans cette œuvre que ce soit dans l’expression du message architectural ou liturgique font de cette église en rotonde une œuvre maîtresse.
Eglise en rotonde certes, mais inscrite dans un plan heptagonal !
Un heptagone ! Un polygone à 7 côtés !
Si jamais un jour vous vous êtes essayé à tracer un heptagone régulier, vous savez d'ores et déjà que l’exploit de l’architecte qui en traça les plans tient du prodige.
Et ce prodige, des érudits locaux en sont maintenant persuadés, ce n’est autre que le fameux "Maître de Cabestany" qui le réalisa.
Dans le sanctuaire, rien n’est laissé au hasard : le choix du nombre 7 à lui-seul fait office de caractère exceptionnel, car on le rencontre partout : 7 côtés, 7 chapelles, 7 piliers, ainsi que dans l’expression de ses multiples : 14 arcades, 28 rangées de pierres formant la coupole.
Et bien entendu, aussi dans sa forme symbolique et allégorique, car en fait ces sept piliers se décomposent en 3 piliers cylindriques enlacés dans 4 piliers carrés.
Les trois piliers cylindriques formant le "triangle des cieux" (des dieux), les quatre piliers carrés aux "quatre angles du carré de la Terre".
Par ailleurs, nous retrouvons aussi sur les vitraux de l’église l’allégorie des 7 piliers de la Sagesse.
L’étude attentive de l’imagerie de l’église nous réserve aussi quelques surprises, car là où l’on s’attendrait à trouver la traditionnelle feuille d’acanthe, on trouve une feuille de vigne : la vigne symbole de "l’Eglise Chrétienne".
Une fresque sur un des tailloirs des piliers cylindriques où l’on veut voir la représentation de Daniel dans la fosse aux lions rappelle par bien des aspects le style Assyro–Babylonien, où Daniel devient alors le héros "Gilgamesh", qui s’appuyant de ses mains sur les têtes des lions, transcende les forces sauvages de la nature et se métamorphose en demi-dieu solaire.
Sur le chapiteau qui correspondrait au sommet de l’heptagone déterminant l’axe de symétrie du plan du monument se trouve une représentation de la Vierge "en majesté" ou "en élévation", emportée dans les cieux par un cortège d’anges, mais, détail surprenant, la Mère du Christ est ici représentée intégrée dans un cartouche ovale communément appelé "mandorle".
Voilà qui est pour le moins insolite et exceptionnel car l’usage canonique d’une mandorle n’est réservée qu’à la représentation du Christ "en majesté".
Posté le 02.12.2006 par fanl11

Photo : Vierge à la mandorle - Marie est ici représentée dans un cartouche, ce qui est exceptionnel, puisque selon l'usage canonique, la mandorle est réservée uniquement à la représentation du Christ en majesté.
Ici nous touchons peut être au véritable secret de l’Eglise de Rieux, car voyez-vous, ce que par euphémisme les gens pieux nomment "mandorles" (en forme d’amande), nous les trouvons dessinées en centaines voire en milliers d’exemplaires dans les cavernes des chasseurs du néolithique, et là, tous les spécialistes vous dirons que ce sont là des représentations stylisées de "vulves" ou "matrices"...
En insérant la Mère de Dieu dans une matrice, nous entrevoyons à partir de là que l’imagier a voulu ici nous raconter une toute autre histoire que la simple "Ascension de la Vierge".
En effet, la Mère dans une matrice peut se lire : "La Mère, Reine des Cieux, dans le sein de la Mère", et cette seconde "Mère" n’est autre que la "Mère de toute la Création", notre Mère Gaïa, notre Mère : La Terre.
A proximité de cette image, les visiteurs d’aujourd’hui peuvent deviner la trappe d’accès à une cavité pratiquée dans le sous-sol du sanctuaire et qui, dans le temps, fut agrandie pour servir de caveau funéraire aux seigneurs locaux.
On sait maintenant que les dimensions d’origine excluaient toute utilisation de
cette cavité comme crypte ou à tout autre usage "humain".
Nous pensons que nous nous trouvons ici en présence, tout comme dans les anciens sanctuaires mégalithiques, d’une cavité destinée à servir de "caisse de résonance" aux vibrations naturelles émises par l’activité tellurique de la Terre ; l’appareillage étant complété par une ouverture sur la voûte, aujourd’hui obturée, qui reliait le chœur au clocher, la Terre au Ciel.
Posté le 02.12.2006 par fanl11

Photo : "Les Sonneurs de Trompes" attribués aux chefs-d'oeuvre exceptionnels du Maître de Cabestany
Le Maître de Cabestany, célèbre auteur du "tympan de l'Assomption" retrouvé dans le village de Rieux, a laissé son empreinte dans la seconde moitié du XIIème siècle sur un grand nombre de sanctuaires en Languedoc et en Catalogne.
Ce génie s'est manifesté dans la décoration sculptée de l'église de Rieux Minervois : portail, corbeilles et tailloirs des chapiteaux, ornés de feuillages, de lions, d'oiseaux ou de monstres, d'anges,...
Au moment où les ateliers languedociens et catalans de sculpture romane connaissent leur plus grande activité, apparaît cet artiste, dont la question de son origine n'a toujours pas été résolue à ce jour.
Etait-il catalan, italien ou tout simplement languedocien ?
Il s'agissait en tout cas d'un artiste itinérant, allant de chantier en chantier avec son équipe et dont on reconnaît la manière inimitable en Languedoc et en Catalogne, mais aussi en Navarre et en Toscane.
Son tempérament, affranchi de toutes les modes contemporaines, ne peut être confondu avec aucun autre.
Les visages triangulaires aux yeux nettement affirmés, ovales et globuleux, soulignés au trépan, au nez à l'arête tranchante, les oreilles larges et décollées, les mains démesurement allongées, les proportions trapues dont il dote les corps des personnages, équivalent à une vraie signature.
Diverses influences sont toutefois perceptibles dans son style : le bestiaire et l'emploi du trépan sont empruntés à l'art roman du Roussillon, les acanthes des chapiteaux et les modillons à copeaux, à la sculpture toulousaine.
L'église de Rieux Minervois, exceptionnelle dans son style, est l'oeuvre dans laquelle se manifeste avec le plus d'éclat l'étrange génie du Maître de Cabestany.
Ici, il se révèle en fait être "Maître d’Oeuvres" en nous faisant une démonstration plus qu’édifiante de la subtilité et de la puissance de "l’Art du Trait" et de "la Science des Imagiers".
Comme dans bien d’autres sanctuaires chrétiens, le Maître de Cabestany a employé toute sa science pour bâtir un vaisseau de pierre, utilisant les énergies telluriques et cosmiques destinées à transcender l’humain pour le transformer en homme.
L'existence de ses oeuvres depuis la Toscane jusqu'à la Navarre laisse supposer que celui-ci suivait le "chemin de Compostelle".
Posté le 02.12.2006 par fanl11

Photo : La Chapelle du Bout du Pont
Le monument occupe une superficie de 22,30 m sur 6,50 m.
Totalement construite en belles pierres de taille du pays et de grand appareil, flanquée de quatre contreforts s’élevant jusqu’à la toiture, elle ne dépassait pas dans le sens de la longueur 5,85 m pour 5,60 m de largeur.
D’après la tradition, ce fût un des membres de la famille de Noailles, homme de grande foi originaire de Rieux qui, se trouvant assailli en mer par une terrible tempête, fit le vœu d’élever une chapelle en l’honneur de Notre-Dame des Sept Douleurs, si grâce à sa protection il évitait le naufrage qui le menaçait. Sorti sain et sauf de sa périlleuse situation, il fit élever le sanctuaire selon son vœu.
Il est difficile de déterminer une date à laquelle ce monument a été érigé.
D’après l’Abbé Mallet, la sorte d’ornementation de la voûte de la chapelle a été souvent usitée dans la seconde moitié du 15ème s. et plus tard.
La construction de l’édifice ne serait donc pas antérieure à cette époque.
On sait par le testament de Jean de Noailles, en date du 4 mai 1599, que la Chapelle de Notre-Dame du Bout du Pont existait certainement.
L’autel est au Nord, face au pont. Au-dessus de l’autel se trouve dans une niche encadrée de deux pilastres en marbre blanc, couronnée par une frise en plein cintre, une statue de la "Mater Dolorosa".
L’agrandissement de la chapelle aura lieu en 1729.
Posté le 02.12.2006 par fanl11

Photo : Le château et le pont
Le Languedoc a toujours été en avance en ce qui concerne les chemins et les routes.
Parmi les premiers chemins connus étaient les "drailles" empruntées par les troupeaux de moutons pendant la transhumance vers l’estive du Bas Languedoc vers le Tarn, l’Aveyron et la Lozère.
Les drailles maîtresses étaient appelées "collectrices". Pour des raisons de sécurité, elles empruntaient souvent les crêtes.
Tout était déjà prévu. Les points d’eau, d’où vient le nom d’"abéouradou". Le "paousadou" était le lieu d’étape où l’on pouvait clore le troupeau pour passer la nuit, avec des locaux en dur pour abriter les bergers.
Le champ clos où les moutons dormaient et laissaient leurs déjections prenait parfois le nom de "fumades".
La présence de roues en bronze à Fa (Aude) au 7ème s. av. J.C. atteste que des voies charretières existaient déjà.
Les romains, grands constructeurs de routes, dotèrent le Languedoc de belles voies, le plaçant ainsi à l’avant-garde du progrès.
Le "chemin de l’Estrade", venant de Quarante, traversait d’Est en Ouest tout le Minervois, pour aller rejoindre le "chemin Romieu" à l’Ouest de Pezens. Il existait avant 836 puisqu’il en est fait mention dans un procès verbal au sujet d’une contestation de propriété.
Le "chemin Romieu" traversait l’"Argent-Double" sur un gué construit en dalles dressées verticalement ("rascas") en aval de Rieux, en face du Domaine de Vaissière, appelé encore de nos jours "le pas de Carcassonne".
Ensuite, il franchissait le "Rec de Laval" de la même façon, grimpait sur les terres de "la Rèze", laissait le Domaine des Homs à droite et par le tènement de "la Cassagne", plongeait vers Saint-Eugène en descendant "la Ricardelle".
Puis, il passait près de l’ancienne "villa de Saint-Genès" pour rejoindre Carcassonne.
"Le chemin de l’Estrade" et "le chemin Romieu" figurent parmi les plus anciennes voies de la région audoise.
La carte de Cassini montre que l’étang arrivait au bas du Domaine de Saint-Eugène. Le chemin de Rieux à Puichéric était celui qui desservait les Homs, l’Estagnol, en passant par "la Cassagne" pour aboutir à Puichéric par le tènement dit "de la Broutade".
On connaît "le chemin du sel" ("lou cami de la Saou") de Caunes à Albi. Il fallait donc probablement passer par Rieux pour transporter le sel des salines de la côte audoise.
A signaler, la grande voie Domitienne de Béziers à Narbonne et la voie d’Aquitaine partant de Narbonne, Ornaisons, Saint-Couat, Douzens, Capendu, Carcassonne et au-delà.
Ces grandes voies, si elles favorisaient les échanges commerciaux, livraient aussi passage aux grandes invasions.
Les Moines Bénédictins, avec leurs puissantes abbayes souvent placées à des nœuds routiers importants (Lagrasse, Quarante, Caunes, etc…) contrôlaient la circulation.
Sur le "Canal du Midi", le quai de La Redorte recevait les fûts du commerce des vins de Rieux à destination de Toulouse, des ports de la vallée de la Garonne et surtout de Bordeaux.
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